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La réintroduction de castors dans la nature autorisée en Angleterre

Le gouvernement britannique a annoncé vendredi avoir autorisé la réintroduction encadrée de castors dans la nature en Angleterre, d'où il a disparu depuis plusieurs siècles.
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Ce mammifère aux dents acérées est considéré comme un atout pour la biodiversité car ses constructions sur les cours d'eau permettent de créer des zones humides et sont une barrière contre l'érosion. Mais son retour est aussi critiqué par les agriculteurs du fait des inondations que ses barrages peuvent causer sur les parcelles agricoles. 

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Gérer le retour des castors

"Dans le cadre d'un effort majeur de conservation, le gouvernement a présenté aujourd'hui (vendredi) une nouvelle approche qui permettra aux castors de vivre à l'état sauvage dans les précieux paysages d'Angleterre", a indiqué le ministère de l'Environnement dans un communiqué.

Après plusieurs projets pilotes, cette réintroduction de l'espèce castor d'Eurasie sera strictement encadrée, avec une licence qui devra être accordée à toute organisation souhaitant mener un projet, et un suivi obligatoire de 10 ans.

Le retour des castors, qui ont disparu en raison d'une chasse excessive, "sera géré avec soin afin d'éviter tout impact sur l'agriculture, la production alimentaire et les infrastructures", a souligné le ministère.

"Les castors sont absents de nos paysages depuis environ 400 ans et cette approche prudente de leur retour planifié constitue une étape importante pour la restauration de la nature en Angleterre", a réagi Tony Juniper, directeur de Natural England, organisme public en charge de la protection de l'environnement.

"Ce moment historique pour les castors en Angleterre pourrait constituer une étape importante dans la résolution de certains des principaux défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés", s'est réjoui Roisin Campbell-Palmer, de l'association Beaver Trust, qui milite pour la réintroduction du mammifère.

Elle souligne qu'en la matière, le Royaume-Uni "est loin derrière le reste de l'Europe", où l'animal est désormais bien présent dans de nombreux pays, dont en France, Belgique, Allemagne, Suisse, ou encore Espagne.

Ce projet ne va toutefois pas sans inquiétude, notamment chez les agriculteurs. Le président du principal syndicat, la NFU, Tom Bradshow a prévenu qu'il fallait autoriser les agriculteurs à tuer les castors s'ils "se retrouvent au mauvais endroit".

Le dispositif du gouvernement prévoit qu'"en dernier recours, les castors pourront être piégés et déplacés, ou abattus de manière contrôlée".

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