Six personnes jugées après une fusillade mortelle à Nantes sur fond de trafic de drogue

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Le procès de cinq hommes et d'une femme âgés d'une trentaine d'années soupçonnés d'être liés, à différents degrés, à une fusillade qui avait fait un mort à Nantes en 2019, s'est ouvert lundi devant la chambre correctionnelle de Rennes spécialisée dans la criminalité organisée (Jirs).
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Dans la nuit du 22 au 23 avril 2019, des tirs avaient éclaté dans un bar à chicha de Nantes, le Moonlight. Monceff Mjidou, serveur de l'établissement âgé de 24 ans, était mort sous les balles, très probablement victime collatérale d'un règlement de comptes.

Cinq prévenus avaient initialement été renvoyés devant les assises pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée. Mais les poursuites criminelles ont été abandonnées en juin 2024 : cinq prévenus comparaissent pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, le sixième pour trafic de drogue. 

Ces faits "constituent l'épilogue d'une série de fusillades survenues à Nantes" en avril 2019, "susceptibles de s'inscrire dans le différend opposant Mohamed A. à Issam L. dans le contexte d'un trafic de produits stupéfiants", estimait la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes dans son arrêt de juin 2024.

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"Couac judiciaire"

Côté défense, Me Benoît Poquet dénonce le "fiasco" d'une instruction qui a selon lui cherché à "remplir un puzzle incomplet". "J'ai une pensée pour les proches de la victime, que ce couac judiciaire prive de la vérité", a-t-il ajouté auprès de l'AFP. 

A ses côtés, Me Morgan Loret pointe du doigt une "instruction basée sur des informations anonymes livrées aux enquêteurs", qui ont selon lui "collecté des éléments pour faire tenir une théorie, au lieu de recueillir des éléments afin d'élaborer une théorie".

Lors de l'enquête, Mohamed A. a reconnu avoir "vendu de la drogue" (il est également jugé trafic de stupéfiants) mais a toujours nié son implication dans la fusillade du Moonlight. Il comparait détenu.

Quatre prévenus, dont sa compagne, comparaissent libres. Le dernier fait l'objet d'un mandat d'arrêt et est considéré comme étant en fuite.

Avant les faits, "les éléments de la procédure tendent à démontrer" que Mohamed A. avait voulu "s'émanciper" de la "tutelle du clan L.", raison pour laquelle il aurait "fait l'objet de mesures de rétorsion", selon la chambre de l'instruction. 

Cinq hommes ont été condamnés en janvier par la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, impliqués dans plusieurs fusillades en avril 2019. Mohamed A. avait notamment été visé par des tirs devant son domicile. 

Le procès doit se poursuivre jusqu'au 1er avril. 

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