Deux gardiens de la paix de la brigade de répression de l'action violente motorisée (Brav-M) ont été renvoyés devant la justice par le parquet pour des faits de violences par personne dépositaire de l'autorité publique et menaces de violences réitérées envers un étudiant tchadien.
Huit autres policiers de la brigade, dont seuls sept sont présents à l'audience, comparaissent sur demande de l'étudiant tchadien, Souleyman Adoum Souleyman, et d'une autre étudiante, arrêtée elle aussi à Paris, via le mécanisme de citation directe qui permet à un plaignant de saisir directement le tribunal.
Une pétition demande la dissolution de la BRAV-M.
Violences à caractère raciste et sexiste
Ces policiers sont accusés de violences en réunion à caractère raciste et sexiste par personne dépositaire de l'autorité publique et également complicité d'agression sexuelle, l'étudiant tchadien accusant un des agents d'agression sexuelle.
Dans la nuit du 20 au 21 mars 2023, des membres de la Brav-M avaient interpellé sept jeunes, soupçonnés d'avoir pris part à des dégradations dans un cortège sauvage dans le centre de Paris lors du mouvement de contestation de la réforme des retraites.
L'un des interpellés avait alors discrètement enregistré les échanges avec les policiers.
Dans l'enregistrement audio révélé dans la presse trois jours après les faits, on entend plusieurs menaces lancées à l'étudiant étranger, particulièrement visé parmi les sept personnes arrêtées au cœur de la capitale.
Des propos "inacceptables"
"Toi, je t'aurais bien pêté les jambes (...) La prochaine fois qu'on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu'on appelle ambulance pour aller à l'hôpital," aurait lancé à Souleyman Adoum Souleyman un des policiers poursuivis sur demande du parquet, selon la transcription de l'enregistrement lue par le tribunal en ouverture du procès.
Suite aux révélations médiatiques, le préfet de police Laurent Nuñez s'était dit "très choqué", jugeant "inacceptables" ces propos qui, "déontologiquement, posent des problèmes très graves."
"Le parquet ne poursuit que deux personnes alors que d'autres avaient commis aussi des violences, des injures, et que finalement, tout l'équipage de la BRAV-M présent ce jour-là participe, peu ou prou, aux actes de violences à caractère raciste", a affirmé Me Arié Alimi pour expliquer la motivation des citations directes.
Les associations SOS Racisme, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) se sont constituées partie civile pour ce procès.