Attaqué par Retailleau, le Syndicat de la magistrature dénonce "une instrumentalisation politique indigne" d'un ministre

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"Une instrumentalisation politique indigne d'un membre du gouvernement" : le Syndicat de la magistrature dénonce les propos de Bruno Retailleau.
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Le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), attaqué par le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau, a dénoncé vendredi "une instrumentalisation politique indigne d'un membre du gouvernement", et appelé Gérald Darmanin "à défendre la liberté d'expression" et sa "légitimité" de syndicat.

Sollicité par l'AFP, l'entourage du garde des Sceaux n'a pas souhaité faire de commentaire.

Jeudi, Bruno Retailleau s'en est pris au SM sur France 2.

"La très grande majorité des magistrats en France observe une neutralité mais il y a parfois des organisations syndicales... Notamment une, qui s'est fait connaître avec le Mur des cons (...) C'était le Syndicat de la magistrature, qui a participé à la Fête de l'Humanité", a-t-il assuré, interrogé sur la condamnation judiciaire et l'inéligibilité immédiate prononcées contre Marine Le Pen.

En 2013, un panneau intitulé "mur des cons" avec des photographies de personnalités politiques de droite, magistrats, journalistes et aussi parents de victimes de crimes avait été découvert dans les locaux du syndicat. L'ancienne présidente du SM a été condamnée pour "injure publique" dans le cadre de cette affaire.

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"Créer une confusion dans les esprits"

"C'est objectif", a poursuivi Bruno Retailleau, relancé sur l'existence de "juges rouges". 

"Plutôt que de rappeler les garanties associées à notre système judiciaire, le ministre a choisi de tenir un discours volontairement ambiguë, visant à créer une confusion dans les esprits entre les règles déontologiques s'appliquant aux magistrat·es quand ils ou elles rendent la justice, et les contours de la liberté syndicale", écrit le SM dans un communiqué.

"De tels raccourcis sont mensongers mais aussi dangereux à deux égards", a-t-il ajouté, estimant que cette "désinformation" favorisait "la défiance vis-à-vis de décisions rendues par des juges qui appliquent la loi telle que votée par le Parlement".

"D’autre part, cette confusion savamment orchestrée revient à remettre en cause la liberté syndicale" des magistrats, poursuit le SM, qui rappelle que "les positions d'un syndicat, quel qu'il soit, n'engagent jamais personnellement les magistrats ni l’autorité judiciaire, qu'ils y adhèrent individuellement ou non".

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