Une semaine après avoir promis quatre chantiers "d'ici le 15 avril", notamment dans le domaine de l'éducation, le Premier ministre est attendu dans l'après-midi dans une école primaire de Rueil-Malmaison aux côtés de sa ministre d'Etat, numéro deux du gouvernement.
Ils assisteront à un atelier d'écriture dans une classe de CP, avant une prise de parole. Au programme : "la formation des enseignants et la reconquête de l'écrit", définis comme deux "piliers essentiels destinés redonner à l'éducation sa juste place, la première", selon les mots du Premier ministre dans son courrier aux présidents de groupes parlementaires la semaine dernière.
Sur la formation des enseignants, le Premier ministre, lui-même ancien professeur et ex-ministre de l'Education de 1993 à 1997, devrait reprendre à son compte la réforme présentée par Emmanuel Macron en avril 2024 pour répondre à la crise de recrutement. Elle prévoit de ramener les concours enseignants à bac+3 au lieu de bac+5.
Nicole Belloubet, alors ministre de l'Education, avait préparé cette réforme pour la rentrée 2025, mais elle avait dû être abandonnée au début de l'été du fait de la dissolution puis de la période de gestion des affaires courantes, bloquée par Bercy selon des syndicats.
La réforme avait été reprise par le gouvernement Barnier à l'automne, là aussi sans aboutir.
Elisabeth Borne a, à son tour, affiché début 2025 sa volonté d'engager une concertation sur ce sujet avec l'idée d'aboutir pour la rentrée 2026.
Outre le retour des concours à bac+3, il s'agit aussi de former les professeurs pendant deux années, jusqu’à l’obtention de leur master 2, contre rémunération: 1.400 euros nets en master 1 (M1) avec un statut d'élèves fonctionnaires, et 1.800 euros nets en master 2 (M2), en tant que fonctionnaires stagiaires.
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"Ecoles normales"
Autre ambition de la réforme : ouvrir des licences de préparation au professorat des écoles, avec "français, maths, géographie, histoire" et aussi "les méthodes les plus innovantes", devant déboucher sur le concours, avait détaillé Emmanuel Macron il y a un an.
Le président de la République avait alors vanté des "écoles normales du XXIᵉ siècle", en référence aux écoles normales primaires qui ont été, de 1808 à 1991, chargées de former les instituteurs avant leur intégration dans des structures universitaires plus larges.
Alors que les universités seront chargées d'instaurer les nouvelles formations, les syndicats de l'enseignement supérieur (Snesup-FSU, CFDT Education, CGT Ferc sup, FO ESR, Sud Education...) se sont "alarmés de ce qu'aucune concertation n’ait été entamée avec les partenaires sociaux" sur cette réforme.
"Aucune leçon n’a été tirée de la situation chaotique de l’année dernière", ont-elles ajouté dans un communiqué cette semaine.
Le sujet de la formation des enseignants est récurrent. Les concours avaient déjà été déplacés de la première année de master à la seconde par une réforme de 2021, après déjà plusieurs changements dans le cursus ces dernières années.
Cette réforme doit notamment permettre de répondre à la crise persistante d'attractivité du métier d'enseignant depuis plusieurs années. L'an dernier, plus de 3.000 postes n'avaient pas été pourvus aux concours.
Concernant l'écrit, deuxième volet des annonces promises par François Bayrou pour cette semaine, le Premier ministre avait souligné fin janvier la nécessité de "reconquérir l'écrit", face au "monde de l'image qui aujourd'hui a envahi la totalité du champ intellectuel, de la culture".
"Ce que je crois, c'est qu'il faut faire de l'écrit à l'école tous les jours. Et même dans tous les cours", avait-il ajouté sur LCI.
Ce thème a aussi été fréquemment évoqué par les ministres successifs de l'Education, soucieux de s'attaquer aux savoirs fondamentaux pour lutter contre la baisse du niveau des élèves.
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