"La Haute autorité de santé va évaluer (...) si l'on voit que cette voie apporte des effets positifs à la santé, surtout la prise en charge de la douleur, par rapport à d'autres thérapeutiques", a déclaré Yannick Neuder sur Sud Radio.
Interrogé par l'AFP, le cabinet du ministre a précisé que la HAS allait être saisie "rapidement".
L'usage du cannabis médical a fait l'objet pendant plusieurs années d'une expérimentation en France. Celle-ci s'est close fin 2024, sans que l'on sache si des médicaments seraient finalement mis sur le marché en 2025, comme cela avait initialement été annoncé par l'agence du médicament (ANSM).
Ces traitements, dont l'intérêt ne fait pas consensus au sein du monde médical, sont déjà prescrits dans de nombreux pays, dont la majorité de l'Union européenne (UE) et dans plusieurs Etats américains.
M. Neuder, qui s'était montré par le passé favorable à l'introduction de tels médicaments, avait déjà dit en janvier, quelques jours après sa prise de fonction, qu'il souhaitait "étudier" cette voie thérapeutique.
La HAS est, en France, l'organisme qui évalue habituellement l'intérêt médical des traitements. Les médicaments à base de cannabis passeraient donc par un circuit classique, alors qu'il était initialement prévu de leur donner un statut dérogatoire pour cinq ans.
Tour du monde du cannabis
Des effets à étudier mais une opposition à la légalisation pour un professionnel de la santé
"Il faut laisser en France se développer une filière thérapeutique (du cannabis)", a insisté M. Neuder, cardiologue de profession, selon lequel "il y a des douleurs rebelles (...) qui ne sont sensibles qu'à ces molécules-là".
Il s'est, en revanche, montré strictement opposé à une légalisation du cannabis, dans la lignée de sa ministre de tutelle, Catherine Vautrin, et surtout de ceux de l'Intérieur, Bruno Retailleau, et de la Justice Gérald Darmanin.
"Je suis absolument contre parce que, déjà, ça trouble les messages: on est contre les drogues de manière générale", a déclaré M. Neuder, avançant que le cannabis servait souvent de passerelle vers des drogues comme la cocaïne.
Ces propos interviennent alors que deux députés, l'Insoumis Antoine Léaument et le macroniste Ludovic Mendes, ont dévoilé lundi un rapport avec plusieurs propositions contre le trafic de stupéfiants, dont une légalisation strictement encadrée du cannabis.
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