Outre la peine de prison, une peine d'inéligibilité immédiate a été réclamée pour chacun d'entre eux.
Les eurodéputés
Au total, neuf anciens députés européens (dont Marine Le Pen) sont accusés d'avoir embauché et payé des assistants parlementaires qui n'auraient en réalité pas travaillé pour eux mais pour le parti. Ils ont été jugés pour détournement de fonds publics.
. Louis Aliot, 55 ans
Une peine de 18 mois dont six mois ferme et 30.000 euros d'amende a été requise contre le vice-président du RN. Si la peine d'inéligilibité de trois ans avec exécution immédiate demandée contre lui est retenue, il perdra son mandat de maire de Perpignan. Pendant le procès, il a peiné à convaincre le tribunal que le travail d'assistant parlementaire consistait à "trier" le courrier papier, à temps plein, pour 2.560 euros.
. Marie-Christine Arnautu, 72 ans
Autre historique du parti, elle est soupçonnée d'avoir employé fictivement Gérald Gérin, l'assistant personnel de Jean-Marie Le Pen. Une peine de 18 mois dont six mois ferme et 50.000 euros d'amende a été requise contre elle.
. Nicolas Bay, 47 ans
Secrétaire général du FN (2014-2017), puis vice-président du parti (2017-2018), il a rejoint Eric Zemmour en 2022. Il est aujourd'hui député européen, et conseiller régional de Normandie, mandat qu'il perdra s'il est condamné à l'inéligibilité immédiate. Ont également été requis contre lui 18 mois de prison dont six mois ferme et 30.000 euros d'amende.
. Bruno Gollnisch, 75 ans
Une peine de trois ans d'emprisonnement dont un ferme, et 200.000 euros d'amende ont été requis contre cet ultra loyal à Jean-Marie Le Pen, figure historique du FN. Particulièrement bavard au procès - pas sur le fond du dossier - il a vite exaspéré les magistrats par ses interminables démonstrations pour tenter de prouver "l'incompétence judiciaire" du tribunal pour le juger.
Ont également comparu les ex-eurodéputés Fernand Le Rachinel (deux ans dont un ferme et 100.000 euros d'amende requis) et Marie-Christine Boutonnet, Dominique Bilde et Mylène Troszczynski (18 mois dont six mois ferme et 30.000 euros d'amende requis pour tous les trois).
Les assistants parlementaires
Douze personnes sont soupçonnées d'avoir bénéficié d'emplois fictifs d'assistants parlementaires alors qu'elles ne travaillaient selon l'accusation que pour le FN à des fonctions bien éloignées. Elles ont été jugées pour recel de détournement de fonds publics.
. Catherine Griset, 52 ans
Une sanction de 18 mois avec sursis et 50.000 euros d'amende a été réclamée contre l'ancienne cheffe de cabinet et très proche de Marine Le Pen. Depuis devenue elle-même députée européenne, elle était l'assistante parlementaire accréditée de Marine Le Pen entre 2010 et 2016, et aurait dû, à ce titre, être basée à Bruxelles.
. Thierry Légier, 59 ans
Crâne chauve, bouche pincée, le garde du corps est le visage historique à l'arrière-plan des déplacements de Jean-Marie Le Pen (puis de Marine Le Pen et plus tard Jordan Bardella), mais il a longtemps été rémunéré comme assistant parlementaire. L'accusation a requis contre lui une peine de 18 mois de prison avec sursis et 70.000 euros d'amende.
. Julien Odoul, 39 ans
Aujourd'hui député de l'Yonne, l'une des figures connues du RN, il a peiné à justifier pendant le procès pourquoi il avait demandé en 2015 à "faire connaissance" de l'eurodéputée qui l'employait officiellement. Dix mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende ont été requis contre lui. Si l'inéligibilité immédiate était prononcée, il perdrait son mandat de conseiller régional, mais pas de député.
Une peine de 18 mois avec sursis et 50.000 euros d'amende a aussi été requise contre Yann Le Pen, 61 ans, soeur de Marine Le Pen et mère de Marion Maréchal, qui s'occupait des grandes manifestations du parti, en étant en même temps assistante parlementaire de Bruno Gollnisch.
Contre Micheline Bruna, Gérald Gérin et Guillaume L'Huillier, respectivement secrétaire particulière, assistant personnel et directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, des peines allant de un an à 18 mois avec sursis ont été requises, avec des amendes.
Dix mois avec sursis et de 10 à 15.000 euros d'amende ont été réclamés contre Timothée Houssin (aujourd'hui député dans l'Eure), Loup Viallet et Jeanne Pavard. Les peines les plus basses (huit mois avec sursis et 5.000 euros d'amende) ont été requises contre Charles Hourcade, graphiste au parti, et Laurent Salles, qui travaillait sur les grandes manifestations.
Le trésorier, la "cheville ouvrière" et les experts-comptables
Ils sont soupçonnés d'avoir oeuvré à la mise en place du "système", de l'intérieur ou l'extérieur du parti. Ils ont été jugés pour complicité de détournement de fonds publics.
. Wallerand de Saint-Just, 74 ans
"Nous ne nous en sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen", avait écrit le trésorier du parti, qui a également nié au procès l'existence du moindre "système". Sans convaincre l'accusation, qui a requis contre cet autre historique du parti, longtemps avocat en chef du FN, trois ans de prison dont un ferme, et 200.000 euros d'amende.
. Charles Van Houtte, 58 ans
"Cheville ouvrière" au "coeur du système", il s'était vu, selon l'accusation, confier par Marine Le Pen la mission d'assurer une gestion centralisée des contrats d'assistants parlementaires. L'accusation a requis contre lui trois ans de prison dont un ferme et 30.000 euros d'amende.
Contre les experts-comptables embauchés successivement, Christophe Moreau puis Nicolas Crochet (un proche de longue date de Marine Le Pen), l'accusation a requis respectivement deux ans avec sursis (et 50.000 euros d'amende) et trois ans dont un ferme (et 200.000 euros d'amende), ainsi qu'une interdiction d'exercer immédiate.
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