Dans un communiqué puis dans des messages sur X, Aly Diouara a assuré avoir été témoin d'"un contrôle au faciès" envers deux jeunes, suivi d'"une menace de taser sur le député qui a eu le malheur d'invoquer le respect des droits" de ces jeunes, au moment de leur fouille par deux agents, dans une cité de Bobigny.
Le journal Le Parisien, ayant visionné des images filmées sur place, indique qu'on voit Aly Diouara demander à un policier de ranger son pistolet à impulsion électrique, avant que celui ne rétorque : "Tu vas faire quoi si je te tase ?".
"Une posture excessivement offensante"
Selon une source policière, les agents qui contrôlaient les jeunes "pour une consommation de stupéfiants" ont assuré avoir sorti leur pistolet à impulsion électrique quand un homme est intervenu pour demander des explications, parce qu'ils "ne savaient pas à quoi s'attendre" au moment où celui-ci glissait sa main dans sa poche pour sortir sa carte de député.
Aly Diouara a, lui, mis en cause "une posture excessivement offensante" des policiers, alors qu'il se trouvait "dans l'exercice de son mandat parlementaire". Le député a reçu le soutien de personnalités de LFI, tel Jean-Luc Mélenchon qui a écrit sur X : "Ras-le-bol ! Nous exigeons le respect pour TOUS nos élus".
"J'apporte mon plein soutien aux fonctionnaires de police qui n'ont fait qu'accomplir leur mission, dans le cadre des lois de la République", a écrit le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, en réponse au message sur X de M. Diouara. Le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a également exprimé son "soutien aux fonctionnaires concernés".
L'adjointe au maire de La Courneuve, Betty Saint-Ubert, présente au moment des échanges entre le député et les policiers, a été interpellée pour "outrage" et placée en garde à vue plusieurs heures. Les policiers ont affirmé qu'elle les avait traités de "cowboys" et de "racistes", ce qu'elle a contesté.
Pour son avocat, Me Ugo Valls, les "propos qu'elle a tenus n'étaient pas juridiquement constitutifs d'un outrage et ne justifiaient pas une garde à vue". "Des policiers se sont sentis mis en difficulté et ont décidé, pour ne pas perdre la face, d'interpeller la première venue, l'adjointe au maire qui était présente pour que le contrôle ne dégénère pas", a affirmé à l'AFP Me Valls.
Les deux jeunes contrôlés ont été laissés libres, pour absence d'infraction, selon la police.