Employée de crèche jugée pour meurtre : une "erreur de recrutement", admet son ex-cheffe

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Mal à l'aise avec les bébés, impatiente : l'ex-directrice de la crèche qui employait Myriam Jaouen, jugée à Lyon pour avoir tué un bébé avec un produit caustique, a reconnu mercredi une "erreur de recrutement" dans un secteur qui peine à embaucher.
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Comment une employée de la crèche "Danton rêve" du groupe People & Baby peu qualifiée et sujette à des retours négatifs de la part de parents et de collègue a pu se retrouver seule avec une enfant ? C'est l'une des questions au cœur du procès qui se tient de mardi à jeudi devant la cour d'assises du Rhône.

Interrogée sur les circonstances de l'embauche de Myriam Jaouen, dont le CV, qu'elle a trouvé sur Pôle Emploi, comptait plusieurs petites expériences avec des enfants mais pas d'emploi stable, l'ancienne directrice de crèche a dû se justifier.

Elle avait bien d'autres candidats, mais aucun ne convenait. L'entretien avec Myriam Jaouen se passe bien, "elle répondait aux questions sur des cas pratiques avec beaucoup de justesse", explique l'ancienne directrice.

"Elle manquait d'expérience, je le savais. Elle était dans une équipe (...) c'est aussi une façon de se former", raconte celle qui était alors en charge depuis quelques temps seulement, de deux établissements.

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"Une erreur de recrutement"

Deux micro-crèches confrontés à de gros problèmes d'effectifs. Trois salariés ont démissionné dans les mois précédents l'embauche de Myriam Jaouen en mars 2022. La directrice effectue elle-même plusieurs remplacements.

L'organisation se fait "au jour le jour", et nécessite de nombreux changements de planning, auxquels participe Myriam Jaouen. 

Avec le recul, l'ancienne responsable ne peut que constater "une erreur de recrutement".

Avant le drame, le 22 juin 2022, elle avait déjà remarqué que "ce n'était pas la meilleure professionnelle". Elle se montre particulièrement "mal à l'aise avec un bébé dans les bras". "Elle manquait de patience", dit-elle encore, tout en précisant ne pas avoir remarqué de "geste brusque".

Une collègue, qui a témoigné mardi après-midi, dit avoir effectué un signalement auprès de sa responsable, estimant que Myriam Jaouen "ne savait pas faire" avec les enfants.

Plusieurs parents s'étaient plaints de la jeune femme, lui reprochant une difficulté à communiquer mais aussi d'être "un peu sèche" avec les enfants.

"C'était du bricolage, le fonctionnement de cette crèche ?", s'est interrogé Me Jean Sannier, conseil de Innocence en danger, une des deux associations de protection de l'enfance parties civiles au procès.

Ni les responsables de la crèche, ni le groupe People & Baby ne sont poursuivis dans ce procès, où Myriam Jaouen est seule sur le banc des accusés.

Le drame a participé à la prise de conscience sur les dysfonctionnements des crèches privées, et notamment dans les micro-crèches qui accueillent au maximum 12 enfants et profitent d'un système dérogatoire.

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