"Je leur ai laissé jusqu'à aujourd'hui pour évacuer les quais. Il y a un recours contre mon arrêté qui va être jugé dans la journée (...) devant le tribunal administratif. Donc j'attends la décision du juge", a déclaré vendredi Laurent Nuñez sur RMC.
Vers 6h00 du matin vendredi, certaines tentes sur les quais de Seine étaient ouvertes et vides, a constaté une journaliste de l'AFP, qui n'a vu aucun membre des forces de l'ordre. Aux alentours de 6h30, quelques jeunes gens retournaient à leur tente.
Paris: évacuation houleuse de la Gaîté lyrique, occupée pendant trois mois par des migrants
"Occupation illicite"
Le 18 mars, les forces de l'ordre étaient intervenues à la Gaîté lyrique, une salle de spectacle municipale occupée pendant trois mois par de jeunes migrants - jusqu'à 450 environ - qui réclamaient un hébergement et affirmaient être des mineurs devant être reconnus comme tels. Une minorité contestée par la mairie et la préfecture de région.
Cette évacuation avait donné lieu à de fortes tensions entre les policiers, les migrants et leurs soutiens.
"Dans les jours qui viennent, je procéderai, évidemment, à l'évacuation de ces tentes", a affirmé vendredi le préfet de police de Paris.
"La plupart des jeunes ont déjà quitté les lieux depuis hier soir et continuent de partir ce matin", a expliqué l'association d'aide aux migrants Utopia 56 sur Instagram, dénonçant l'instauration de la "peur et de la pression constante dans les esprits" de la part de la préfecture.
Dans son arrêté mercredi, M. Nuñez soulignait que ces campements "composés actuellement de plus de 250 personnes et près de 140 tentes, installés illégalement sur les quais de Seine au niveau de l'île Saint-Louis et de ses abords" résultaient "en particulier de l'évacuation du théâtre de la Gaîté Lyrique" mardi 18 mars "et "du refus d'un nombre important de migrants de répondre favorablement à des solutions alternatives d'hébergement".
Le préfet faisait valoir que cette "occupation illicite" comportait "des risques avérés pour la salubrité publique et la santé des occupants en raison de l'absence d'accès à l'eau" et générait "un trouble permanent à l'ordre public compte tenu des risques sanitaires et sécuritaires important qu'elle implique".