Droits de douane: des centaines de milliers d'emplois menacés en France, selon le président du Medef

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Le président du Medef Patrick Martin a estimé jeudi que "des centaines de milliers d'emplois" étaient potentiellement menacés en France par les mesures douanières annoncées par Donald Trump, et espère cependant que le président américain sera "dissuadé" de les mettre en œuvre.
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Avec la hausse massive des droits de douanes annoncée mercredi, "on parle de 1,5% du PIB (produit intérieur brut français, NDLR), de centaines de milliers d'emplois menacés, de la désarticulation de chaînes entières dans l'industrie aéronautique ou automobile", a détaillé Patrick Martin sur LCI.

"Ces mesures, si elles sont mises en œuvre, seront extrêmement perturbantes pour la France et l'Europe et exigeront des réactions fortes", a-t-il estimé, après avoir participé à une réunion à l'Elysée en présence du président Emmanuel Macron, de plusieurs ministres et de représentants des filières les plus concernées.

"Il faut être à la fois très ferme et très pragmatique, dissuader autant que possible l’administration Trump, les faire réfléchir", en espérant que "nos meilleurs alliés soient les Américains eux-mêmes", effrayés par la baisse des marchés ou l'inflation que ces mesures pourraient engendrer, a déclaré le président du Medef.

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"Ramener à la raison le président Trump"

Patrick Martin a estimé que les potentielles pertes d'emplois en France risquaient d'être "sectoriellement et géographiquement très concentrées", citant "70.000 emplois" à risque dans la région de Cognac.

Il s'est cependant montré un peu rassuré par "la grande convergence sur l'analyse de la situation entre toutes les branches, d’un pays à l’autre, d’un patronat à l’autre", qu'il constate, misant sur la solidarité entre la France et l'Allemagne.

"Mon pronostic est que les Américains n'arriveront pas à fracturer ce front", a-t-il dit, et seront en fin de compte "l’arroseur arrosé".

"Il faut établir un rapport de force, ramener à la raison le président Trump", mais aussi "ne plus s'interdire de commercer avec d’autres zones du monde, Amérique latine, Indonésie ou Philippines", a-t-il ajouté. Sinon, on risque "d'avoir tout perdu".

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