La juge de la Haute Cour du Cap oriental Irma Schoeman a estimé que l'accusation avait mal géré son dossier contre Tim Omotoso, 66 ans, pasteur principal de l'église Jesus Dominion International (JDI), une congrégation très active dans la région de Durban, dans l'est du pays.
Elle l'a déclaré non coupable des 32 chefs d'accusation, y compris d'exploitation sexuelle et de traite d'êtres humains. A la lecture du verdict, M. Omotoso, qui avait été arrêté en avril 2017 à l'issue d'une course poursuite de plusieurs jours avec la police, s'est agenouillé dans une attitude de prière.
Selon Mme Schoeman, les procureurs de l'État n'ont pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable la solidité des accusations contre le pasteur et ses deux co-accusés, deux de ses assistants.
Malgré leurs "dénégations improbables", "les accusés sont déclarés non coupables et sont libérés de toutes les charges qui pèsent sur eux", a-t-elle déclaré.
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Initialement poursuivi pour deux accusations d'abus sexuels, le pasteur a été visé par une vingtaine de plaintes, dont certaines pour trafic d'être humains et exploitation sexuelle.
Tim Omotoso était accusé d'avoir attiré dans sa luxueuse propriété côtière de Umhlanga Rocks, près de Durban, des femmes et des jeunes filles membres de son église venues de toute l'Afrique du Sud, pour en abuser sexuellement.
Les femmes qui ont témoigné contre lui lors de son procès ont raconté avoir été choisies par le pasteur, qui disait à chacune qu'il prierait pour elle après leur rencontre.
Certaines faisaient partie d'un groupe de musique gospel appelé Grace Galaxy, créé par le pasteur, et d'autres étaient encore à l'école, a précisé la juge.
Mardi, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté dans plusieurs ville du pays pour dénoncer le viol présumé d'une fillette de sept ans dans son école l'an dernier, pour lequel aucune arrestation n'a eu lieu, et réclamer aux autorités des mesures pour protéger les femmes et enfants des agressions sexuelles, très fréquentes dans le pays mais qui donnent lieu à peu de procès.
Selon l'ONU, une femme sur trois dans le pays subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Sur les 42.500 viols signalés en 2023-2024, 17.100 concernaient des enfants, selon la police. Seuls 449 de ces cas de viols d'enfants sont été jugés, précise le parquet.
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