Faille de sécurité : une enquête interne sera ouverte contre le ministre de la Défense

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L'inspecteur général du ministère de la Défense va enquêter sur l'utilisation par son chef Pete Hegseth de la messagerie Signal, après la faille de sécurité concernant des frappes américaines sur les Houthis au Yémen, selon un mémo publié jeudi.
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L'affaire, qui a secoué l'administration Trump la semaine dernière, avait été révélée par un journaliste du magazine The Atlantic, intégré par erreur à un groupe de discussions sur l'application chiffrée Signal, où les plus hauts responsables de l'administration évoquaient des frappes à venir contre les rebelles houthis du Yémen.

L'enquête va évaluer "à quel point le ministre de la Défense et d'autres responsables du ministère ont respecté les politiques et les procédures concernant l'utilisation d'applications commerciales de messagerie à des fins officielles", peut-on lire dans ce mémo.

"Par ailleurs, nous examinerons le respect des exigences en matière de classification et de conservation des documents", toujours selon ce mémo, qui précise que l'enquête fait suite à une demande des deux principaux membres de la commission des Forces armées du Sénat, l'un républicain et l'autre de l'opposition démocrate.

Dans le gouvernement américain, les inspecteurs généraux sont indépendants. Ils sont notamment chargés de détecter et d'empêcher les fraudes, les gaspillages et les abus commis par les fonctionnaires. Ils doivent aussi enquêter sur les violations des lois, des règlements et des normes éthiques commises par les employés.

The Atlantic avait notamment reproduit des captures d'écran de messages du ministre de la Défense avec les horaires précis des frappes prévues contre les Houthis et les armements employés, le tout envoyé deux heures avant que celles-ci n'aient eu lieu.

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"Super boulot"

Malgré la polémique, le président Donald Trump a défendu son équipe de sécurité, son gouvernement s'en prenant directement au journaliste de The Atlantic. Pete "Hegseth fait un super boulot, il n'a rien à voir avec ça", avait-il affirmé.

Donald Trump a même dénoncé une "chasse aux sorcières" face aux démocrates qui réclament la démission de Pete Hegseth, estimant que la vie de soldats américains aurait pu être mise en danger.

Aucun responsable américain ne sera limogé, avait aussi insisté le vice-président JD Vance.

En fin de semaine dernière, un juge fédéral avait ordonné à l'administration Trump de "préserver" les messages de la conversation sur Signal.

C'est Mike Waltz, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qui a endossé la "responsabilité". "J'assume mon entière responsabilité. J'ai créé ce groupe", avait-il déclaré sur Fox News, suggérant qu'il avait pu avoir le numéro du journaliste enregistré sur son téléphone en pensant que c'était celui de quelqu'un d'autre. 

La nomination de Pete Hegseth à la tête du Pentagone, et donc de l'armée la plus puissante du monde, avait été largement critiquée, y compris au sein du camp républicain.

Jugé incompétent par les démocrates, cet ancien militaire devenu présentateur de Fox News a aussi vu resurgir au moment de sa désignation des accusations d'abus d'alcool et surtout d'une agression sexuelle datant de 2017.

Réfractaire à la présence de femmes sur le champ de bataille, l'homme de 44 ans, qui ne manque pas une occasion de montrer ses performances sportives, n'a jamais dirigé de grande institution. Il gère aujourd'hui 3,4 millions de soldats et d'employés civils, avec des dépenses de défense américaines qui ont dépassé 1.000 milliards de dollars en 2023.

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