Le groupe a rendu public cette liste de magasins - dont deux, à Lyon et Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) ont déjà baissé le rideau -, menacés de fermeture et qui emploient "près de 680 salariés".
"18 mois après la reprise des premiers magasins Casino et la sauvegarde de plus de 10.000 emplois", "l'équilibre financier reste inatteignable" pour ces points de vente, malgré "la pleine mobilisation du groupement depuis des mois", explique le distributeur.
"Les représentants du personnel et les salariés des magasins concernés ont été réunis ce jour" en CSE, "pour échanger sur la situation économique de ces points de vente et envisager leur fermeture".
Les Mousquetaires/Intermarché promettent qu'"un accompagnement individuel sera proposé à chaque salarié et différentes possibilités dont des offres d'emplois au sein du groupement seront proposées aux salariés concernés".
Les magasins pourraient théoriquement être repris par d'autres acteurs qu'Intermarché susceptibles de se faire connaître dans les mois à venir, mais l'équation économique serait également complexe pour les rendre viables.
Depuis octobre 2023 le groupement avait repris 294 magasins à son concurrent Casino, en proie à de grandes difficultés financières en raison de l'endettement contracté sous la houlette de son précédent dirigeant Jean-Charles Naouri.
La reprise de ces points de vente était perçue comme risquée au vu de l'état peu reluisant de nombreux magasins, des loyers souvent élevés, et du départ de nombreux clients en raison des prix très élevés pratiqués par l'ancienne direction de Casino.
Dans son communiqué, le groupement justifie envisager les fermetures "en raison d'un manque d'investissements trop important ces dernières années, de taux de charges trop élevés par rapport à la réalité économique du marché et d'une politique commerciale inadaptée ayant eu pour conséquence de fidéliser les clients vers d'autres enseignes concurrentes".
Après Intermarché, Carrefour autorisé sous conditions à racheter 25 magasins Casino
Restructuration dans la douleur
"De plus, pour certains de ces magasins, les loyers restent décorrélés des prix du marché malgré les nombreuses négociations menées avec certains bailleurs", déclare le groupement, qui revendique n'avoir "cessé de mobiliser des moyens pour relancer ces points de vente", citant des baisses de prix ou des plans d'actions commerciales.
La communication de l'enseigne souligne que son patron Thierry Cotillard avait averti début 2024, sur le plateau de l'émission Quotidien, qu'il y aurait "malheureusement peut-être quelques villes où la reprise ne sera pas possible parce que le modèle n'est pas viable", même si Intermarché "fera tout pour que 100 % des emplois" de l'ex Casino soient sauvés.
Casino comptait encore 200.000 salariés dans le monde fin 2022, avant d'être restructuré dans la douleur mi-2024, grâce notamment à l'apport de nouveaux capitaux des milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, en contrepartie de la prise de contrôle du distributeur.
Les magasins grand format du groupe, son activité historique, ont été cédés au cours de l'année écoulée aux concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour.
Au total, cela concerne 366 hypermarchés et supermarchés, a fait savoir Casino fin février, précisant que l'ensemble des cessions lui a permis d'engranger 1,8 milliard d'euros en 2024. A fin 2024, il n'employait plus qu'un peu plus de 25.500 personnes sous les enseignes Monoprix, Franprix, Vival, Naturalia, Spar ou CDiscount.
Mi-mars, Intermarché avait affirmé que l'acquisition de près de 300 magasins Casino était "historique" et représentait pour lui "15 ans de développement de surface commerciale". Elle doit lui apporter 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel supplémentaire.
Le groupement avait précédemment précisé que sur l'ensemble des magasins Casino repris, 211 sont devenus des Intermarché et 62 des Netto, enseigne discount. Les 21 restants devaient être cédés à la demande de l'Autorité de la concurrence.
Cette enseigne de magasins indépendants revendique rassembler "plus de 3.000 chefs d'entreprise indépendants" et employer 160.000 salariés dans "plus de 4.000 points de vente" en France, Belgique, Pologne et Portugal.